
le parlement
Nota: ce texte a été initialement posté sur le blog d'Amina Talhimlet en réponse à son article "Le roi au parlement"
Apres en avoir été le principal détracteur dans les années 70-80, je trouve vraiment étonnant ce changement de position de la monarchie vis-à-vis de la chose politique par cette "réhabilitation"
(1), si on peut l'exprimer ainsi, des partis politiques dont la plupart semblent battre désespérément de l'aile, non pas pour un envol vers le renouveau mais vers une agonie quasi certaine.
Volonté réelle de changement ou raison sécuritaire inavouée face au spectre barbu qui se présage pour les prochaines élections?
Ne soyons donc pas négatifs pour cette fois et en bons princes, pour nous mettre au diapason de la couronne, accordons au Roi la volonté démocratique dans la mise sur les rails du changement...de toutes les façons les intérêts convergent et c'est là l'essentiel.
Il est vrai que jusqu'à présent, en matière de politique, le paysage marocain ne pouvant être qualifié de très évolutif on en arrivait rapidement, à l'occasion de chaque discussion sur ce sujet, à se taper dessus après en avoir vite atteint les recoins qui ma foi ne sont pas si éloignés que ça ...les uns des autres.
Quel que soit la tendance il n'en demeure pas moins un but unique : "le pouvoir".
Mais ça c'est tout à fait normal. La politique n'est elle pas (d'après Larousse) la direction d'un Etat et la détermination des formes de son activité? En d'autres termes politique et pouvoir "étatique" vont de pair.
Le débat en la matière ne pourra retrouver sa raison d'être que lorsque l'on mettra fin à ce que personnellement j'appellerai le "schisme politique" qui, au contraire de ce que certains prétendent, met le gouvernement et les partis politiques d'un côté et le peuple de l'autre.
Des lors toute discussion dans ce domaine reste biaisée car en dehors d'une synergie qui puisse mettre au même diapason les deux parties qui par un tacite accord restent antagonistes.
Tant que le débat politique dans notre pays ne concernera que le désaccord en matière de système de gouvernance en dehors de la sphère expressive de la volonté du peuple, le discours politique continuera à rester abscons pour une majorité de la population et ne pourra en l'occurrence jamais provoquer cette synergie capable de mener le pays vers une évolution salvatrice.
Et il ne servirait à rien de faire appel, disons naïvement, en matière de responsabilisation citoyenne, à un référentiel démocratique occidental qui, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, est en train de battre désespérément de l'aile aussi.
kb...sans parti pris
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(1) Extrait du discours royal à l'occasion de la séance d'ouverture du parlement :"Si en entamant la réalisation de la première tranche de l'Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), nous avons pu nous enquérir personnellement de l'ampleur du déficit, des disparités et des besoins existants, il nous a également été donné la mesure in situ de la forte adhésion à cette initiative de toutes les franges de la population, mues par les ressorts de la citoyenneté positive. Celle-ci requiert que chacun assume ses responsabilités et participe à imaginer des solutions aussi ingénieuses que réalistes aux difficultés économiques et sociales, lesquelles ne peuvent être subordonnées aux échéances électorales, ni rester hypothétiques par elles. A cet égard nous soulignons la nécessité de sensibiliser chaque Marocain au fait que son devenir reste tributaire des initiatives qu'il prend et de sa volonté de s'impliquer dans l'action collective, elle-même subordonnée à l'encadrement qu'assurent au citoyen les instances qui en ont la vocation, plus particulièrement les partis politiques qui constituent à nos yeux, autant d'écoles du nationalisme et de la citoyenneté authentique. Mieux encore, nous les considérons comme étant l'instrument idoine pour initier tous les marocains à une bonne implication dans la gestion des affaires publiques et la pratique de l'action politique dans son sens le plus noble. Telle est la démarche judicieuse que nous nous employons assidûment à renforcer et à consolider, soulignant et réaffirmant du haut de cette tribune la nécessité de réhabiliter les partis politiques, tant nous sommes convaincu qu'il ne pourrait y avoir de démocratie effective et concrète sans organisations politiques fortes et responsables. Voilà qui explique notre attachement à renforcer les partis politiques, à travers la mise en place d'un cadre législatif avancé, leur permettant de se constituer, de s'organiser et de fonctionner de façon démocratique, ainsi que la garantie d'un soutien matériel régulier et transparent, en fonction de leur capacité d'encadrement et de représentation. Notre objectif ultime demeure, en effet, de doter les partis nationaux des antidotes nécessaires et de prémunir le paysage partisan contre les risques de balkanisation susceptibles d'empêcher ces formations de jouer convenablement leur rôle constitutionnel. Or quelle que soit sa crédibilité, ce texte fondateur ne sera rien de plus qu'un cadre législatif, tant que les acteurs politiques ne s'avisent pas de lui imprimer l'impulsion nécessaire, en veillant à la mise en oeuvre effective et judicieuse de ses dispositions et en s'inspirant de l'esprit qui le sous-tend, pour favoriser l'émergence d'une nouvelle culture politique qui conforte la confiance dans les formations politiques et les assemblées élues. Nous sommes convaincu que nos partis politiques, animés par leur fibre patriotique, s'empresseront d'illustrer de manière tangible leur adhésion à la nouvelle législation, en réduisant les délais d'harmonisation formelle et d'amendement de leurs statuts à la lumière des nouvelles dispositions. Il leur appartient surtout d'approfondir cette mise en adéquation de façon suffisamment extensive qu'elle reflète concrètement l'esprit de cette loi. Ceci vaut aussi bien pour l'action des partis politiques, qui deviendra une entreprise pérenne d'encadrement, que pour l'intégration des nouvelles élites composées notamment de jeunes et de femmes. C'est ainsi que s'opérera la rupture avec une certaine propension à réduire cette action à une simple activité éléctorale conjoncturelle (...)". Sa Majesté le Roi Mohamed VI