(*) ARB (Ahmed Reda benchemsi, directeur de la publication Telquel et Nichane) à l'entrée du tribunal
Comme quoi on ne peut dans une dichotomie hasardeuse dissocier les deux composants du puissant léthargique de la société marocaine.
Couronnant les efforts d’un processus classique de désaveu programmé que subissait la double publication Telquel-Nichane, le verdict de saisie vient de tomber samedi dernier par la sacrée voix caverneuse du premier ministre en qui notre trinité à nous (Dieu, la patrie , le Roi) vient de trouver son Perceval.
Craignons que pour cette fois les accusés ne bénéficieront certainement pas de circonstances atténuantes et feront certainement les frais de leur récidivisme, ayant déjà été amenés à comparaître pour les mêmes raisons il y a de cela à peine moins d’une année.
Dès lors on ne peut qu’être amenés à se poser les questions suivantes :
ARB* est-il amnésique ? Ou bien son mépris du système le pousse-t-il à braver sa trouille naturelle tablant sur un hypothétique aval du pouvoir tant qu’il continuera à adopter la ligne éditoriale consistant à casser du barbu sans grand discernement ?

Si le Roi est jeune et bon, la monarchie n’en est pas moins vieille de plus d’un millénaire et, dans un long processus de désenvoûtement, il apparaît que si les feuilles de la tradition sont plus aptes à brûler dans un brasero démocratique sous les vents du changement en dégagent leur odeur exaltante, il n’en est pas de même pour les bâtons ankylosées par tant d’années d’osmose supportant, rigidement, le pilier central de la symbiose politico-religieuse constituant la clé du pouvoir dans notre pays.
Comme devrait certainement le savoir ARB, les relations entre monarchie et islamisme amènent bien plus loin qu’à la seule problématique de la relation (sur le mode de la confrontation) entre un Etat et son opposition à fondement religieux. Dans le cas du Maroc, elles permettent de développer plus largement la question du rapport entre politique et religion.
« Le roi, amîr al-mu`minîn (« commandeur des croyants »), représentant suprême de la nation, symbole de son unité, garant de la pérennité et de la continuité de l’Etat, veille au respect de l’islam et de la Constitution. Il est le protecteur des droits et libertés des citoyens, groupes sociaux et collectivités ». En 1962, sous les conseils de deux figures politiques nationalistes, Allal al-Fassi et le Dr. Al-Khatib, le roi du Maroc, par l’article 19 de la Constitution, devint officiellement une figure spirituelle, chargée, entre autres, de protéger l’islam mais aussi la liberté de culte. La nation et l’Etat marocains sont définis à partir de deux données : la Constitution et l’islam, celui-ci étant directement inscrit dans le texte constitutionnel sans qu’il soit défini autrement que par la « protection » royale, c’est-à-dire par la monarchie elle-même.
Rappelons pour les besoins de l’histoire qui ne va manquer de s’en suivre suite à cette nouvelle affaire que c’est Le même Al-khatib qui fut à l’origine de la création du premier parti « islamique » du pays. Comme quoi le pouvoir dispose d’une double carapace et chaque fois que l’on s’attaquera à l’une on ne manquera pas de subir les effets de l’autre
En attendant, n’ayant pas encore lu les articles incriminés par cette nouvelle décision ministérielle, je ne puis polémiquer au-delà sans risquer de tomber dans une partialité irrationnelle qui ne sera d’aucun apport constructif mais…(j’ai toujours un mais dans la poche) je condamne (ben quoi ? moi aussi je suis bicarapacé), par principe, la décision gouvernementale qui ne va pas manquer de nous souffler sa fumée soporifique pour cacher son bâton
kb...fumi gêne